News Reportages

Whisky Live 2016 Paris : Bilan

Les 24, 25 et 26 septembre 2016 se tenait à la Cité de la Mode et du Design l’un des plus gros festivals européens de whisky et spiritueux : le Whisky Live. De ces trois jours passés à diguster et à déscuter, euh, déguster et discuter (désolé, le réveil a été compliqué…), j’ai beaucoup de choses à vous dire !

Le Lieu

C’est la deuxième année que le Whisky Live se déroule à la Cité de la Mode et du Design. L’accès y est simple, les gares de Lyon et d’Austerlitz sont voisines et accessibles à pied. Au premier abord, il n’est pas facile de s’y retrouver, surtout pour un provincial comme moi, plus habitué aux montagnes de Savoie qu’aux complexes aux multi-entrées et aux 500 vigiles… Une fois que j’ai compris où se trouvait l’entrée du salon, c’était beaucoup plus clair.

Il est conseillé d’arriver assez tôt, même si vous avez un Pass VIP (qui donne l’accès au salon une heure avant l’ouverture officielle), pour éviter de vous retrouver bloqué une bonne demie-heure dans l’interminable file d’attente.

Tous les stands se trouvent au même étage, organisés par spiritueux puis classés par région. On s’y repère assez facilement sans avoir de plan. La circulation est aisée pendant le salon, sauf lors de la journée Pro du Lundi.

separator

Les conditions d’accueil

Le nombre de personnes qui ont fait tourner ce Whisky Live 2016 m’a beaucoup impressionné. Entre les vigiles à l’entrée de la Cité, les vigiles à l’entrée du salon, les 40 personnes à l’accueil et aux vestiaires et toutes les petites mains qui nous changent les verres, approvisionnent les stands en eau et vident les crachoirs, nous avons là l’équivalent d’un beau petit village de province (tiens… 3 jours à Paris et je parle déjà comme un Parisien…). Tout ce petit monde est disponible et souriant. Bravo à eux !

separator

Les exposants

Whisky / Bourbon

Selon les dires officiels, la part du whisky a diminué cette année au profit d’autres spiritueux. Néanmoins, il y avait de quoi faire dans ce Whisky Live 2016..! On trouvait de gros stands avec beaucoup de moyens en communication : Chivas, Dewar’s, Balvenie, Glenfiddich, Heaven Hill, Four Roses, Jack Daniels (énoooorme stand), Nikka, Kavalan, etc. et, a contrario, certaines belles maisons n’avaient qu’un minuscule espace à l’instar de Mars Whisky, Signatory Vintage, Gordon & Macphail, Berry Bros & Rudd, par exemple. C’est plutôt dommage. Les gammes proposées à la dégustation étaient classiques mais de magnifiques bouteilles ont été révélées au cours du week-end, accessibles dans l’espace découverte : Benriach 35 ans, Highland Park 30 ans, Lagavulin 25 ans, Port Askaig 30 ans, Glenfarclas 30 ans, Balvenie Tun 1509, Compass Box 3-year-old Deluxe, Hanyu Single Cask, Chichibu Single Cask etc.

Le whisky français était bien représenté avec 5 stands : Armorik, Rozelieures, Uberach, Eddu et le Domaine des Hautes-Glaces. Le nombre de stands américains était impressionnant. Il semblerait que le Whiskey américain redevienne populaire, même auprès des amateurs expérimentés. Les Whiskies du Monde ont également investi une part du plateau : Puni (Italie), Slyrs (Allemagne), Box et Mackmyra (Suède), Hellyers Road (Australie), Amrut (Inde), Nikka et Mars/Chichibu (Japon), Kavalan (Taiwan). Là aussi de belles choses étaient en dégustation.

Rhum / Spiritueux

L’espace Rhum était assez conséquent avec pas moins de 20 exposants, environ autant de maisons pour le Cognac et l’Armagnac, 2 pour les eaux-de-vie et le calvados. C’est d’ailleurs assez surprenant qu’à l’heure où l’on nous vante les qualités des spiritueux comme le Gin, le Mezcal, la Tequila ou la Vodka il n’y ait AUCUN stand proposant ces eaux-de-vie. C’est une franche déception en ce qui me concerne parce que l’on trouve de bien jolis spiritueux dans ces familles d’alcools. Quoi qu’il en soit, les amateurs de Rhum et d’eaux-de-vie de raisin ont pu trouver leur bonheur sans problème, même avec un pass découverte, tant les références proposées à la dégustations étaient vraiment nombreuses, dans toutes les gammes.

separator

L’espace VIP

Franchement, qu’est-ce qu’on goûte avec 0,5cl dans son verre ?  Vous vous faites une idée sur un film en voyant juste la première minute peut-être ?

Arrivé au bar VIP le samedi à l’ouverture, il faisait au moins 35° à l’intérieur, c’était assez désagréable mais il y avait de belles choses à déguster. Parmi celles-ci, on trouvait la plupart des embouteillages anniversaire pour les 60 ans de La Maison du Whisky, et aussi de « l’ultra-premium ». En effet, il était possible de déguster le Benriach 50 ans, le Glen Grant 1954 de la série Book of Kells, un Port Ellen 1983 Old Particular, un Amrut Greedy Angels, un Craigellachie 1970 et bien d’autres choses. En tout, je dirais qu’il y avait une bonne centaine de références à goûter, avec une moitié de whisky.

Par contre, une déception et non des moindres : les doses servies. La plupart du temps, c’est moins de 1 cl. Franchement, qu’est-ce qu’on goûte avec 0,5 cl dans son verre ?  Vous vous faites une idée sur un film en voyant juste la première minute peut-être ? Pourquoi ne pas imaginer un système avec des jetons ? Par exemple, pour l’achat d’un Pass VIP on a 100 jetons et chaque dram coûte un certain nombre de jetons. Bref, j’espère que cela s’améliorera dans les prochaines éditions.

separator

Mes dégustations

Je ne pourrai pas vous faire un compte-rendu détaillé de tout ce que j’ai goûté lors de ces 3 jours de Whisky Live 2016. J’ai pu récupérer quelques échantillons afin d’approfondir certaines dégustations car, avouons-le, un salon n’est pas le lieu idéal pour percevoir toutes les subtilités d’un spiritueux. Néanmoins, j’ai pu déguster des choses intéressantes mais aussi d’autres décevantes.

Mes 5 Coups de cœur

 

Lagavulin 25 ans - 200 anniversaire. Un monstre de complexité avec un puissance impressionnante et une longueur exceptionnelle.

Lagavulin 25 ans – 200 anniversaire.

Benriach 50 ans - Book of Kells - Gordon & Macphail. Un magnifique whisky, une corbeille de fruit exotique avec une complexité, une texture et une longueur exceptionnelle.

Benriach 50 ans – Book of Kells.

3-year-old Deluxe.

Benromach 35 ans – Embouteillage officiel.

Westland American Oak.

separator

Plus généralement

 

Les conditions de dégustation n’étaient pas optimales. Il est possible que je sois passé à côté de certains whiskies. Une dégustation approfondie sera nécessaire pour me faire un avis plus précis.

 

Les bonnes surprises du Whisky Live 2016

Un top 5 c’est bien joli… Voici une liste non-exhaustive des whiskies qui, à première vu, semblent intéressants :

  • Laphroaig 1997 BBR
  • Glen Moray 1994 BBR
  • Whisky de Table – Compass Box
  • Mortlach 15 ans – Artist #6
  • Arran 1995 – 21 ans – 60 ans LMDW
  • Arran Bothy Quarter Cask batch 2
  • Ben Nevis 1984 – 60 ans LMDW
  • Benromach 2008, single cask pour 60 ans LMDW
  • Jura 1975 – Port Cask – 60 ans LMDW
  • Old Big Peat – 60 ans LMDW
  • Port Askaig 2000 – Single Cask
  • Port Askaig 30 ans
  • Chichibu Bourbon Barrel 2010 Cask 663
  • Redbreast 25 ans – 60 ans LMDW
  • Kavalan Podium
  • Domaine des Hautes Glaces – Tekton single cask
  • Westland : toute la gamme de base
  • Westland single cask 397 – 60 ans LMDW
  • Balvenie 25 ans single cask peated (merci à Damien Anglada)
  • La gamme Dry Fly
  • Elements of Islay (LG5 – MA1 – LP7)
  • Mackmyra Guldrök Small Batch – 60 ans LMDW
  • Mackmyra Blumstertid
  • Mackmyra Vinterrok
  • Les eaux de vie Capovilla
  • Speyside Region 43 ans – The Nectar of the Daily Dram
  • Highland Park 24 ans – The Nectar of the Daily Dram
  • Invergordon 42 ans – That Boutique-y Whisky Company
  • Clynelish 2001 15 ans – Gordon & Macphail – Cask Strenght Series
  • etc.

Les déceptions du Whisky Live 2016

A contrario, voici ce qui m’a semblé un peu moyen…

  • Auchentoshan 10 ans – Artist #6
  • Aberfeldy 1996 – 60 ans LMDW
  • Aberlour 19 ans – 60 ans LMDW
  • AnCnoc 2005 Peated – 60 ans LMDW
  • Aultmore 1996 – 60 ans LMDW
  • Glendronach 1993 – Fût 447 – joint bottling avec The Nectar
  • Kilchoman Caroni cask – 60 ans LMDW (les deux versions)
  • Wolfburn – 60 ans LMDW
  • Ardbeg 1998 – Straight from the cask – Signatory Vintage
  • Caol Ila 1981 – Cask 5316 – Cask Strenght – Gordon & Macphail
  • Chichibu Peated 2011 – Cask 1401
  • Hanyu Single Cask (dont je n’ai ni photo ni numéro de fût…)
  • Jack Daniel’s Single Barrel – 60 ans LMDW
  • Dad’s Hat Straight Rye – 60 ans LMDW
  • Amrut Greedy Angels 12 ans
  • Glenlivet Cypher
  • Glen Grant 1956 : ouverture de bouteille, nécessite beaucoup d’aération. A re-goûter.
  • La gamme de chez Slyrs (Whisky Bavarois)
  • Uberach, surtout les versions « colorées »
  • etc.

Je ne peux pas publier mon avis sur tous les whiskies que j’ai dégustés, je m’en tiens donc aux nouveautés (presque…). Par contre, ce qu’on peut remarquer, c’est une évolution du marché qui n’est pas favorable à l’amateur de bons spiritueux…

separator

Des prix en hausse, une qualité uniformisée

Une chose m’a vraiment frappé cette année, c’est l’envolée des prix. Regardons de plus près le catalogue de la Maison du Whisky et penchons-nous une seconde sur les prix. Quand on voit un Aultmore 21 ans fini en fût de vin blanc à 400€, un Caol Ila 5 ans à 138€, un Aberfeldy 1997 fini en fût de vin blanc à 400€, un Wolfburn (avec « un petit quelque-chose de différent » (laissez-moi rigoler)) à 105€, un Port Askaig 12 ans à 200€ ou encore Penderyn 2003 à 450€, on peut se poser une question : POUR QUI NOUS PREND-ON ?

En plus de cela, je n’ai pas vraiment pris de claque gustative au cours de ce live, à part quelques exceptions (voir mon top 5). La qualité des gammes classiques semble s’être uniformisée. Rien n’est mauvais, mais je trouve de moins en moins de whiskies avec du caractère. C’est peut-être moi qui devient difficile (ça n’est pas impossible), mais, grosso-modo, tout devient consensuel.

Le marché est fou, et le whisky ne fait pas figure d’exception. Les Rhums deviennent inaccessibles et les eaux-de-vie semblent suivre le même chemin également.

separator

Un bilan positif

Quoi qu’il en soit, le Whisky Live 2016 confirme que ce rendez-vous est à ne pas manquer. On peut y déguster des nouveautés en avant-première, le bar VIP nous propose de belles bouteilles, les exposants sont bien souvent sympathiques et les discussions avec eux toujours intéressantes, l’accueil est chaleureux et surtout, vous pouvez retrouver vos amis et/ou vos connaissances maltesques et partager avec eux de superbes drams.

Je tiens d’ailleurs à remercier les professionnels présents 3 jours sur le salon, qui trouvent toujours les ressources pour être sympathiques et bavarder avec vous : Juliette, Steven et Etienne de Gordon & Macphail/Benromach, Damien de The Balvenie, Matt de Westland, Frédéric du Domaine des Hautes-Glaces, Marielle de Speciality Drinks, Celine et John de Compass Box, Lisa de Mackmyra, Sian Elizabeth de Dry Fly et j’en oublie certainement…

Le Whisky Live, c’est déguster de bons whiskies, mais c’est aussi et surtout la possibilité de discuter avec des passionnés, professionnels ou non, pendant quelques jours. Vivre notre passion plutôt que de l’acheter, c’est le seul moyen de résister à la folie spéculative.

Rendez-vous en septembre 2017 pour la prochaine édition !

 

4 commentaires

Laisser un commentaire